Soleil couchant sur fond de grisaille

Le grisaille s’étirait aussi loin que le permettait l’horizon. Un frisson de brume s’agitait, démonstration visible de la bise glaciale qui martelait le sol nu. Au loin, quelques bâtiments désaffectés jonchaient la pleine autrement désertique, vestiges d’une époque de prospérité longtemps révolue. Autre que les cris de la brise, un silence lugubre régnait, comme en révérence au paysage mort et autrement enterré dans la déprimante tristesse grise. La vie semblait avoir tout à fait déserté la lande, et pas même un brin d’herbe ne se laissait agiter par le vent. Tout semblait fossilisé, figé en un écrin de pierre et de poussière, proprement enterré au delà de la terre. Toute lumière était filtrée par les nuées grises, répandant une pénombre semi-permanente. À l’apogée de sa traversée orageuse, l’astre solaire ne parvenait pas même à complètement traverser l’éternel plafond de nuages, et lors de son coucher, nul spectacle resplendissant au rendez-vous. La boule maintenant rouge sang se laissait tout simplement tomber au bout de la terre battue et avec sa chute s’écrasait également une terrible noirceur presque palpable. Les seules lueurs visibles lorsque la nuit s’abattait étaient celles que les détonations apportaient.